Plongez dans la Blue Economy avec Agir pour l'eau.
14 août 2026 analyse blue economy tendances

L'océan couvre 70 % de la surface de notre planète, régule le climat, nourrit des centaines de millions de personnes.Il pèse chaque année plus lourd dans l'économie mondiale, mais se retrouve en première ligne des risques liés au changement climatique. Face à cet double enjeu, une nouvelle filière d'innovation se structure : la blue economy, ou économie bleue. Pour mieux la faire connaître et donner de la visibilité aux startups qui la font vivre, l'annuaire Agir pour l'eau lance une nouvelle catégorie dédiée : Blue Economy, organisée en quatre sous-catégories complémentaires.
Qu'est-ce que la blue economy ?
La Commission européenne définit la blue economy comme l'ensemble des activités économiques liées aux océans, aux mers et aux côtes : pêche, transport maritime, énergies marines, tourisme littoral, biotechnologies marines, etc.
L'ONG Conservation International va plus loin. Selon elle, la blue economy ne se limite pas aux activités marchandes : elle englobe aussi les bénéfices économiques non monétisés que l'océan rend à l'humanité, comme le stockage de carbone, la protection naturelle des côtes contre l'érosion et les submersions, ou encore la préservation de la biodiversité et des valeurs culturelles liées à la mer. Cette approche élargie est importante : elle rappelle qu'un océan en bonne santé est lui-même une infrastructure économique, au même titre qu'un port ou un réseau électrique. C'est sur la base de cette définition que nous avons enrichi cet annuaire.
Certains rapports, notamment ceux consacrés à l'Afrique de l'Est, élargissent encore le périmètre à l'ensemble des plans d'eau, lacs et rivières compris, et non aux seuls espaces marins. La définition de la blue economy reste donc évolutive, à l'image d'un secteur encore jeune et en pleine structuration.
Un point de vigilance mérite d'être mentionné : comme pour la transition écologique en général, la blue economy n'échappe pas au risque de bluewashing, ces allégations trompeuses sur l'impact environnemental réel d'une activité ou d'un produit lié au milieu aquatique.
Un secteur économique à la croissance rapide
Les chiffres officiels donnent la mesure de l'enjeu.
À l'échelle mondiale, l'OCDE évaluait déjà en 2010 la valeur de l'économie océanique à 1 500 milliards de dollars, soit environ 2,5 % de la valeur ajoutée brute mondiale. Selon les projections de l'organisation, publiées dans son rapport de référence The Ocean Economy in 2030, cette valeur pourrait dépasser 3 000 milliards de dollars d'ici 2030, portée notamment par l'aquaculture marine, l'éolien offshore et la construction navale, avec environ 40 millions d'emplois directs attendus contre 31 millions en 2010.
À l'échelle européenne, le dernier rapport officiel de la Commission européenne chiffre la blue economy à 263 milliards d'euros de valeur ajoutée brute, soit 1,7 % de la valeur ajoutée totale de l'Union, et près de 4,9 millions d'emplois, soit 2,4 % de l'emploi européen.
En France, selon les données économiques maritimes françaises 2021 publiées par l'IFREMER et reprises dans le rapport officiel L'économie bleue en France, l'économie bleue représente 1,5 % du PIB national, plus de 40 milliards d'euros de valeur ajoutée et environ 525 000 emplois, soit 1,8 % des emplois nationaux. Le Cluster Maritime Français, qui fédère les acteurs du secteur, affiche l'ambition d'atteindre le million d'emplois liés à la mer d'ici 2030, porté notamment par l'essor des énergies marines renouvelables, un enjeu clé pour la souveraineté énergétique du pays.
Ces chiffres expliquent pourquoi la blue economy attire un nombre croissant d'investisseurs, de collectivités et de grands groupes industriels, et pourquoi il est utile de disposer d'une cartographie claire des startups qui la composent.
Quatre sous-catégories pour structurer l'écosystème
Pour refléter la diversité des innovations, la catégorie Blue economy de l'annuaire Agir pour l'eau se décline en quatre sous-catégories.
1. Aquaculture & biotechnologies
Cette sous-catégorie rassemble les startups qui exploitent les ressources biologiques marines (algues, poissons, micro-organismes, etc.) pour des applications alimentaires, cosmétiques, pharmaceutiques ou industrielles. On y trouve aussi bien des acteurs de l'aquaculture durable (élevage de poissons, de crustacés ou d'algues) que des biotechnologies marines : cosmétiques à base d'algues, bioplastiques, molécules pharmaceutiques ou nutraceutiques.
Microphyt, installée près de Montpellier, développe depuis 2007 des bioactifs issus de microalgues cultivées en photobioréacteurs, destinés aux industries de la nutraceutique et de la cosmétique. La société a levé plus de 36 millions d'euros, illustrant l'intérêt croissant des investisseurs pour la valorisation industrielle des microalgues.
Agriloops, en Bretagne, a fait un choix différent : celui de l'aquaponie. Dans un circuit fermé, l'élevage de crevettes et la culture de jeunes pousses et de tomates cerises se nourrissent mutuellement grâce à la fertilisation naturelle issue de l'élevage. Un modèle circulaire et local, pensé pour la restauration et la distribution responsable, qui a déjà convaincu ses investisseurs à hauteur de 16 millions d'euros.
2. Énergies & décarbonation maritime
Cette sous-catégorie regroupe les startups qui travaillent à réduire l'empreinte carbone du secteur maritime : transport, ports et énergies renouvelables en mer. Éolien offshore, hydrogène vert et navires à zéro émission en sont les fers de lance.
BW Ideol est aujourd'hui l'un des leaders mondiaux de l'éolien flottant. Depuis 2010, l'entreprise conçoit et co-développe des fondations flottantes brevetées pour les parcs éoliens en mer, avec plus de 120 millions d'euros levés à ce jour.
SABELLA, en Bretagne, mise sur une autre ressource marine : les courants de marée. Ses hydroliennes fournissent une énergie prévisible et renouvelable, particulièrement adaptée aux réseaux isolés des îles et des communautés côtières, qui dépendent souvent de groupes électrogènes au fioul coûteux et polluants.
3. Durabilité des écosystèmes marins
Ici, l'accent est mis sur la protection des écosystèmes marins, la réduction des pollutions et la préservation de la biodiversité : dépollution des ports, protection des écosystèmes côtiers, nettoyage des océans, restauration des récifs coralliens ou des herbiers marins, recyclage des déchets de pêche, surveillance de la qualité de l'eau.
Seacure – Geocorail, à Marseille, a mis au point une technologie de carbonatation minérale qui permet de protéger les côtes contre l'érosion et de renforcer les infrastructures portuaires, tout en créant des structures plus favorables à la biodiversité que le béton traditionnel.
tēnaka se définit comme une entreprise à mission dédiée à la restauration des écosystèmes côtiers : récifs coralliens, mangroves et herbiers marins. En combinant science et technologie, elle offre aux entreprises un moyen concret de contribuer à la régénération de la biodiversité marine, sur un modèle qui a déjà été distingué par plusieurs prix internationaux.
4. Technologies & sécurité maritime
Cette dernière sous-catégorie couvre les technologies numériques, de surveillance ou de sécurité pour le secteur maritime : drones sous-marins, cartographie des fonds marins, plateformes de données océaniques, surveillance et cybersécurité maritime.
Sinay, en Normandie, a développé une plateforme de données maritimes pilotée par l'intelligence artificielle. L'objectif : aider les acteurs du secteur océanique à améliorer leur efficacité opérationnelle, leur performance environnementale et leur conformité réglementaire, en rendant les données océaniques enfin exploitables pour la prise de décision.
ALSEAMAR, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, est un leader mondial des solutions sous-marines : planeurs autonomes (gliders), matériaux de flottabilité et systèmes acoustiques. Ses technologies équipent aussi bien la recherche scientifique que les industries offshore et la défense navale.
Pourquoi cette nouvelle catégorie dans l'annuaire ?
En structurant ces solutions en quatre sous-catégories claires, l'annuaire Agir pour l'eau permet à chacun de mieux se repérer dans un écosystème déjà porteur d'enjeux économiques, environnementaux et sociaux considérables.
La blue economy n'est pas un simple effet de mode : c'est un secteur en pleine structuration, où la France dispose d'atouts réels grâce à son littoral, ses façades maritimes et son tissu de startups innovantes. Explorer ces solutions, c'est aussi mieux comprendre comment l'économie peut se mettre au service de la préservation de l'océan, plutôt que l'inverse.
Retrouvez l'ensemble des startups de la catégorie Blue economy sur l'annuaire Agir pour l'eau.
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